Réglementation

F-Gas : « trouver le juste milieu entre risque perçu et risque réel »

Elise KUNTZELMANN | 19 juin 2015 |

Face aux échéances de la F-Gas et au calendrier lié à l’Ecodesign, l’EPEE prodigue ses recommandations pour que le marché puisse intégrer ces nouvelles règles.

Début juin, se déroulait l’assemblée générale annuelle de l’EPEE. L’occasion d’y organiser une conférence de presse, au cours de laquelle ont été abordés des sujets tels que la F-Gas ou encore Ecodesign.

« Dans le cadre de la F-Gas, une première grande étape du “phase down” est déjà prévue pour 2018 alors que l’interdiction des fluides avec un GWP au-delà de 2500 entrera en vigueur deux ans plus tard, en 2020, rappelle Andrea Voigt, directrice générale de l’EPEE (European Partnership for Energy and the Environment). Les industriels ne peuvent donc pas se permettre d’attendre cette limite de GWP mais doivent agir avant. »

Elle souligne le fait que plus on diminue le GWP plus on est confronté à des problèmes d’inflammabilité : « Nous devons prendre en compte deux types de risques : d’une part, le fait que les installateurs ne sont pas tous entraînés à manipuler ce genre de fluides inflammables et, d’autre part, que la réglementation des bâtiments et les normes n’y sont pas adaptées. Les utilisateurs doivent être sensibilisés aux risques avec mesure, pour qu’ils ne craignent pas de les manipuler. Il s’agit de trouver le juste milieu entre risque perçu et risque réel. »

« Ce qui est crucial c’est que la réglementation européenne soit respectée et que les importations illégales ne s’amplifient pas, poursuit Andrea Voigt. Si la surveillance fonctionne, alors le “phase down” est un bon système. L’avenir nous dira si cela est pertinent. » Elle indique en outre que si l’Europe devait revoir sa copie, celle-ci serait plutôt plus sévère. « En 2017, différentes prévisions vont être réétudiées, notamment celle sur la limite de GWP de 150 dans les larges installations commerciales. Ce sera l’occasion de voir si le marché s’est adapté ou non. D’autres examens beaucoup plus larges sont prévus en 2020 et en 2022 pour vérifier si tout est en ordre par rapport au “phase down”. Tout cela sera suivi, mais est-ce que cela entraînera des modifications, nous ne le savons pas aujourd’hui. En tout cas, je serais étonnée que les seuils soient révisés à la baisse. »


Ecodesign et le label Energy

24 labels Ecodesign et 12 labels Energy sont en place. 11 groupes de produits sont en cours de développement. 12 nouveaux groupes de produits sont à l’étude. « Typiquement, en commençant par l’étude préparatoire, il faut prévoir 5 ans pour finaliser une mesure ecodesign. Par exemple, l’étude préparatoire pour les chillers a démarré en 2010. Aujourd’hui, 5 ans plus tard, nous nous rapprochons de la fin du processus réglementaire. Mais nous avons encore du travail devant nous. En effet, les seuils actuellement exigés pour les chillers signifieraient que plus de 90 % des chillers au-delà de 400 kW seraient retirés du marché. Il est crucial que ce niveau puisse être revu à un niveau raisonnable », avertit Andrea Voigt.

En ce qui concerne les pompes à chaleur et les chaudières, les exigences entreront en vigueur à partir de septembre. Celles portant sur la réfrigération professionnelle seront publiées à partir du 5 juillet pour une entrée en vigueur en 2016. Pour la réfrigération commerciale, le travail est encours. Pour les climatiseurs dont la puissance est inférieure à 12 kW, la mesure est en vigueur depuis mars 2012.

« Actuellement sont également réexaminées les exigences relatives aux ventilateurs, annonce Andrea Voigt. Le ventilateur est un composant de ces différents produits. Nous trouvons donc étonnant de travailler sur l’efficacité d’un produit entrant dans la composition d’un produit lui-même régulé par Ecodesign. Si le produit final doit répondre à des critères d’efficacité énergétique minimum, à quoi bon s’occuper séparément d’un composant ! » 

 

Des actions pour la F-Gas

L’EPEE a développé un certain nombre d’actions, parmi lesquelles la création d’un groupe de travail dédié aux faibles émissions. Ce dernier a pour mission :

- de s’assurer que l’ensemble des acteurs aient bien saisi les enjeux ;

- de développer la surveillance. Andrea Voigt : « Nous sommes en train de développer un outil avec Ray Gluckman, qui est basé sur une segmentation du marché et qui, ensuite, montrera tout ce qu’il y a à faire par segment pour atteindre les étapes générales du phase-down. Par exemple, ne plus utiliser du R 404A/R 507 en froid commercial, etc. L’idée est de développer des feuilles de route par segment (secteur) pour avertir sur tout ce qu’il y a à faire » ;

- de faire connaître la norme européenne EN13313 qui stipule les compétences requises des installateurs. Cette norme, bien qu’utile, n’est pas très connue. Dans certains pays elle l’est, dans d’autres pas du tout. Comme la compétence des installateurs joue vraiment un rôle clé – aussi au-delà de l’Europe – l’EPPE souhaite communiquer sur cette norme, faire en sorte qu’elle soit plus connue et appliquée. Et, dans un second temps, pourquoi ne pas en faire une norme ISO internationale.



PARTAGER

imprimer partager par mail

Informations

Newsletter

3 fois par mois, recevez toute l'info de votre secteur : actualités, nouveaux services et produits, événements…

Je m'inscris

Archives

Dossiers de la rédaction

Produits et Services

Sélections thématiques

  • 18 septembre 2012

    Les nominés aux Grands Prix du Froid

    Sur les 33 innovations présentées, 17 ont été retenues par le Jury d'experts des Grands Prix du Froid. C'est désormais à vous, acteur du froid, d'élire les produits et les installations les plus innovantes. La Rpf, co-organisatrice de ...